Tissia Louis

Le développement neuronal de l’enfant

LE CERVEAU DE L’ENFANT : UNE EXTRAORDINAIRE AVENTURE NEURONALE

Saviez-vous que, dès les premières années de sa vie, le cerveau d’un enfant construit un nombre absolument vertigineux de connexions ?

Bien avant qu’il sache parler, marcher ou comprendre le monde qui l’entoure, son cerveau est déjà en pleine effervescence. Il observe, ressent, expérimente… et chacune de ces expériences participe peu à peu à la construction de son architecture cérébrale.

Comprendre ce phénomène nous invite à porter un autre regard sur l’enfance, mais aussi sur notre rôle de parents, de grands-parents ou d’accompagnants.


UN CERVEAU CONSTRUIT POUR APPRENDRE

Les neurones sont les cellules de notre système nerveux. Lorsqu’ils communiquent entre eux, ils établissent des connexions appelées synapses.

Ces connexions constituent progressivement une immense banque de données. Une sensation, un mouvement, un son, une émotion, une découverte, une interaction avec une autre personne… autant d’informations que le cerveau va enregistrer et organiser.

Durant l’enfance, cette activité est phénoménale. Le cerveau construit un réseau extrêmement dense de connexions, avant d’effectuer progressivement ce que l’on appelle l’élagage synaptique : certaines connexions vont être renforcées, tandis que d’autres, moins utilisées, seront éliminées.

Ce processus n’est pas une perte. Il permet au contraire au cerveau de se spécialiser et de devenir plus efficace.

EXPLORER POUR CONSTRUIRE

Le cerveau de l’enfant se nourrit de l’expérience.

Toucher, regarder, écouter, courir, tomber, recommencer, manipuler, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir des lieux différents, entendre de la musique, apprendre un geste…

Explorer, c’est apprendre.

J’aime utiliser l’image d’une immense boîte de Lego. Plus l’enfant possède de pièces différentes, plus il aura, par la suite, de possibilités pour construire quelque chose de nouveau.

Pour le cerveau, c’est un peu la même chose.

Face à une situation qu’il ne connaît pas encore, il va s’appuyer sur les réseaux neuronaux déjà constitués, les associer différemment et créer de nouvelles réponses. La richesse des expériences vécues pendant l’enfance participe ainsi au développement de ses capacités cognitives, de ses apprentissages, mais également de ses possibilités d’adaptation.

Cela nous rappelle combien il est précieux de permettre à l’enfant d’expérimenter la vie, plutôt que de chercher constamment à la vivre à sa place.

Le protéger, bien sûr. Mais pas l’empêcher d’explorer.

L’accompagner, sans lui retirer toutes les occasions d’essayer, de chercher, de se tromper et de recommencer.

Car derrière des expériences qui peuvent nous sembler parfois insignifiantes, un cerveau est en train de se construire.

ET LORSQUE NOUS DEVENONS ADULTES ?

La merveilleuse nouvelle, c’est que cette capacité d’apprentissage ne disparaît pas avec l’enfance.

Notre cerveau conserve tout au long de la vie une certaine plasticité : lorsque nous apprenons, répétons, découvrons ou expérimentons quelque chose de nouveau, nos réseaux neuronaux continuent à se modifier.

Une personne ayant appris le piano dans son enfance et qui reprend vingt ans plus tard ne repart pas tout à fait de zéro. Certaines traces de cet apprentissage facilitent la réactivation des circuits nécessaires.

Et cette réalité nous concerne tous.

Nous pouvons continuer à apprendre, à expérimenter et à enrichir notre manière d’être au monde, quel que soit notre âge.

Le cerveau est profondément vivant. Il se transforme avec ce que nous faisons, ce que nous répétons, ce que nous découvrons et ce que nous expérimentons.

Alors peut-être pouvons-nous offrir aux enfants — et continuer à nous offrir à nous-mêmes — ce merveilleux espace de curiosité et d’exploration.

Car apprendre, finalement, c’est aussi continuer à s’ouvrir à la vie.

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